Choisir son logiciel de 3D PRO

Dans la jungle des logiciels 3D, il peut sembler ardu de choisir son logiciel. Nous aborderons ici les logiciels généralistes, nous permettant toutes les créations. Les logiciels de sculpting, d’architecture etc… seront traités dans un autre article. Une fois ce tri fait, les propositions se réduisent drastiquement. Je vous propose donc un bilan des 4 gros logiciels dominants que sont Blender, Maya, Cinema 4D et 3DStudio Max.

Je vais énumérer les qualités et les défauts de chacun, avant de vous proposer un bilan vous permettant de faire votre choix.

Commençons donc par Blender

Blender est un logiciel libre et gratuit de modélisation, d’animation et de rendu en 3D, créé en 1995. Il est actuellement développé par la Fondation Blender.

Il dispose de fonctions avancées de modélisation, de sculpture 3D, de dépliage UV, de texturage, de rigging, d’animation 3D, et de rendu. Il gère aussi le montage vidéo non linéaire, la composition, la création nodale de matériaux, la création d’applications 3D interactives ou de jeux vidéo grâce à son moteur de jeu intégré (le Blender Game Engine), ainsi que diverses simulations physiques telles que les particules, les corps rigides, les corps souples et les fluides.

Pour qui est il destiné ?

Pour tout le monde ! En plus de sa gratuité, Blender possède les outils permettant de faire le même travail qu’avec un logiciel professionnel. Il s’adresse donc aux architectes, aux designers, aux indépendants… Malgré ses performances, il manque énormément d’intégration avec les autres logiciels. Comprenez par là qu’il n’existe quasiment aucun module permettant un lien avec les logiciels tiers tels que Photoshop ou Zbrush par exemple. Il en est de même avec les plugins tiers (dépliage d’uv, effets de fumée, simulation de cheveux etc… ) La présence d’un éditeur vidéo au sein même du logiciel en fait un outil idéal pour les petites productions.

Qu’en est il pour le travail ?

C’est là que le bât blesse. Malgré sa gratuité, Blender est très peu présent sur le marché professionnel à cause du manque d’intégration avec les autres logiciels. N’espérez pas trop éplucher les petites annonces et trouver un emploi sous Blender.

État de la communauté

L’avantage avec un logiciel gratuit, c’est qu’il attire beaucoup de monde, et donc la communauté Blender sur le net est très développée. Vous pourrez donc converser facilement sur les forums avec des débutants ou des professionnels. La plupart des tutoriels sont gratuits.

C4D, le jouet préféré du freelance

CINEMA 4D est un logiciel de création 3D développé par la société allemande Maxon ; une entreprise du groupe allemand Nemetschek. C’est un outil permettant la modélisation, le texturage, l’animation et le rendu d’objets 3D.

Jusqu’en 1991, le logiciel s’appelait FastRay, pour ensuite devenir CINEMA 4D.

Pour qui est il destiné ?

Pour l’indépendant ! Moins cher que 3DS et Maya, il offre un panel complet d’outil permettant des créations de qualité professionnelle. A cause de son manque de présence sur le marché pro, il ne possède pas vraiment d’intégration avec les autres logiciels, à part une intégration parfaitement gérée avec le suite Adobe (Photoshop, After Effect …). Ses outils de texturage sont beaucoup moins poussés que sur Maya ou 3DS et il peut parfois paraitre fastidieux de créé ses matériaux sous C4D, malgré une très bonne ergonomie.

Qu’en est il pour le travail ?

Comme dit précédemment, C4D est surtout pour l’indépendant, mais quelques petits studios de motion design se sont convertis grâce à son accessibilité.

État de la communauté

C4D possède une communauté très présente. Comme pour Blender, on y retrouve du débutant comme du pro. Des tutoriels gratuits sont disponibles autant que des formations payantes de qualité. Parfait pour ne pas se sentir seul devant un problème sur lequel on bute.

3DS, le dominant

Autodesk 3ds Max  est un logiciel de modélisation et d’animation 3D, développé par la société Autodesk. Avec Maya, Softimage XSI, Lightwave, Houdini et Blender, il est l’un des logiciels de référence dans le domaine de l’infographie 3D.

Le logiciel est issu du programme 3D Studio qui a tourné sous DOS jusqu’à sa version 4 en 1994. Les programmeurs de Kinetix (une division d’Autodesk rebaptisée maintenant Autodesk Media and Entertainment) ont mis au point un logiciel entièrement neuf et repensé. Celui-ci sort en 1996.

3ds Max est ainsi conçu sur une architecture modulaire, compatible avec de multiples plug-ins (extensions) et les scripts écrits dans un langage propriétaire appelé Maxscript. Le logiciel 3ds Max s’est développé rapidement, en étant utilisé principalement dans les industries vidéoludique, cinématographique et automobile.

Pour qui est il destiné ?

Grâce à sa polyvalence, 3DS Max est parfait pour tous les 3D artists, quelque soit leur domaine de prédilection. Que ce soit dans une grande entreprise d’architecture, ou bien pour un motion designer indépendant, tout le monde y trouvera son compte. Sa dominance sur le marché font que 3DS Max offre une integration avec la plupart des autres logiciels de 3D permettant un workflow fluide dans toute la chaine de production. Il possède aussi énormément de plug-ins, que ce soit pour la destruction d’objet, la modelisation de chevelures… Son interface peut paraitre compliquée au premier abord mais sa prise en main est rapide. De plus, grâce à sa présence sur le marché, le logiciel est en constante évolution et les ingénieurs d’Autodesk sont à l’écoute de la communauté.

Qu’en est il pour le travail ?

Si vous voulez trouver du travail facilement, et ce, dans n’importe quel domaine, il faut tout miser sur 3DS. La plupart des petites / moyennes entreprises l’utilisent dans leur workflow.

État de la communauté

La plus grosse communauté, très grosse entraide, énormément de tutoriels gratuits, comme de forums. Beaucoup de formations payantes sont disponible.

Maya, l’usine à gaz

Né en 98, Maya, qui veut dire « illusion » en sanskrit, est un logiciel commercial réputé pour les images de synthèse, développé par la société Alias Systems Corporation. Il est fortement utilisé par l’industrie du cinéma, principalement sous Linux jusqu’en 2004. En 2005, Maya vient compléter la collection d’outil d’Autodesk aux cotés de 3DS Max, AutoCAD…

Pour qui est il destiné ?

Pour l’animation à grande échelle, en effet, malgré son interface « usine à gaz », pleine de menus, de fonctionnalités diverses et variées, Maya propose les meilleurs outils pour l’animation. Que ce soit pour le rigging, la simulation de fluide, de cheveux, de foule, Maya est le plus performant du marché. Il est présent dans tous les grands studios, tel que PIXAR, DreamWorks, ILM (Star Wars), WetaDigital (Le Seigneur des Anneaux). Il possède un très grand nombre de moteur de rendu, de plugins et une très bonne integration avec les autres logiciels (Unity, UnrealEngine, ZBrush…).

Qu’en est il pour le travail ?

Comme dit plus haut, Maya se destine aux gens voulant intégrer de grosses équipes de production cinématographie. Les places sont rares et seul un travail acharné permet de décrocher le ticket d’or. Aux plus motivés d’entre vous.

État de la communauté

Vu son utilisation, Maya à une communauté assez élitiste. Non pas par manque de modestie, mais le logiciel est tellement complet que seuls les plus acharnés vont jusqu’à une bonne maitrise de ce logiciel. Peu de tutoriels gratuits sont disponibles, mais des formations payantes de qualité sont présente. De plus l’entraide se fera quasiment sur des forums anglophones. Pour en rajouter une dernière couche, la plupart des studios personnalisent Maya en interne et offrent donc des formations à l’embauche pour pouvoir vous intégrer dans les équipes.

Conclusion

Avant de passer au récapitulatif des plus et des moins des logiciels, sachez que 3DS, Maya et C4D possèdent des offres gratuites pour les étudiants. Le prix, que j’indiquerais pour chacun des cas, n’est donc plus un facteur important.

Blender (pour tous)

  • Les + :

Gratuit !
Très grosse communauté
Le nombre de ressources disponibles (tutos…)
Éditeur vidéo intégré

  • Les – :

Ergonomie
Manque de plugins et d’intégration
Peu utilisé en entreprise

Cinema 4D (pour le designer freelance)

  • Les + :

Moins cher que 3DS et Maya (900 € la solution complète)
Grande communauté francophone
Le nombre de ressources disponibles (tutos, formations…)
Intégration avec la suite Adobe
Ergonomie

  • Les – :

Gestion des matériaux plus compliquée
Certains moteurs de rendu comme Vray sont mal intégrés
Manque de plugins
Absence en entreprise

3DS  Max (pour le travailleur en entreprise)

  • Les + :

Présence sur le marché du travail
Grande communauté
Nombre de ressources disponibles (tutos, formations…)
Ergonomie
Nombre de plugins et d’outils d’intégration
Évolution rapide

  • Les – :

Prix (200 € / mois)

Maya (pour la futur star du film d’animation)

  • Les + :

Nombre d’outils très spécialisés
Dominant sur le marché de l’animation
Parfait pour le sculpteur 3D (intégration avec Zbrush / Mudbox, création de cheveux etc…)
Création de matériaux nodale (le plus simple !)
Nombre de plugins et d’outils d’intégration

  • Les – :

Prix (200 € / mois)
Communauté peu présente et élitiste
Peu de places sur le marché du travail

Au final, chacun des logiciels correspond à un type d’utilisateur, Blender pour l’amateur, la personne qui s’initie, Cinema4D pour le freelance, 3DS Max pour travailler en entreprise et Maya pour celui qui vise l’animation, les effets spéciaux. Il faut se décider assez tôt dans votre apprentissage, car maitriser un logiciel est très long, et si vous deviez changer pour un autre, très peu des acquis pour seront utiles. Définissez un plan de carrière et tenez vous y.

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